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Cartographie des zones enfumées après un incendie

Cas de l’incendie de Monze/Montirat (Aude) en août 2019

Chaque année, entre 3 000 et 4 000 feux embrasent les forêts françaises. En 10 ans, 115 000 hectares ont été touchés par des incendies. 4/5 des incendies touchent la région méditerranéenne.  Dans une démarche exploratoire, le service agriculture de la DDTM11 a souhaité connaître quelles parcelles de vigne ont été les plus enfumées pour que les viticulteurs puissent séparer les récoltes enfumées et non enfumées, afin de préserver la qualité du vin issu de cette vendange.

Contexte

Le 14 août 2019, un feu de forêt s’est déclaré sur la commune de Montirat (Aude).

photo de l'incendie de Monze/Montirat
photo de l'incendie de Monze/Montirat (Aude) - Août 2019

 

Démarré en fin de journée vers 16h sur un relief couvert de pinèdes et de végétation basse, il a pris de l’ampleur en raison de la sècheresse et du vent. Il a été difficile à maitriser car situé sur un secteur difficile d’accès par les services de secours. Il a touché les territoires des communes de Monze et Montirat. Le feu a été officiellement déclaré éteint le 15 août en fin de journée. L’incendie a brûlé 500 hectares de pinèdes sans menacer d’habitations, ni faire de victimes. De nombreuses parcelles de vignes ont été enfumées, alors que les vendanges étaient proches. 

La méthode / en pratique

Les fumées sont traçables depuis l’espace grâce aux satellites de sondage atmosphérique tels que IASI et Sentinel5P car ils identifient la présence de certaines molécules dans l’atmosphère (en particulier le monoxyde de carbone CO, marqueur de combustion incomplète). Par combinaison de ces données de sondage avec d’autres données (météo et in-situ), le programme européen Copernicus fournit les concentrations de molécules toutes les heures à différentes altitudes grâce au service gratuit CAMS (Copernicus Atmospheric Monitoring service). Ces données, à la résolution de ~7kmx7km, ont été utilisées pour identifier les parcelles enfumées.

La méthode comprend les étapes suivantes :

  • Téléchargement des produits CAMS
  • Calcul de la moyenne de concentration de CO sur la durée de l’incendie au niveau du sol
  • Interpolation à la résolution de 50m
  • Croisement avec les parcelles de vignes (issues du RPG[1] par exemple) pour produire un fichier vecteur (shapefile) contenant la moyenne de CO par parcelle et indiquant par un code couleur les parcelles les plus enfumées après normalisation (en rouge)

[1] Registre Parcellaire Graphique : base de données géographiques servant de référence à l'instruction des aides de la politique agricole commune.

Les résultats

Une carte de l’incendie de Monze/Montirat a été produite :

  • Un shapefile édité 15 jours après l’incendie.

La méthodologie a été reproduite par la suite sur d’autres incendies avec une meilleure capacité de réactivité (de l’ordre de 1 à 2 jours) car les données CAMS sont distribuées très rapidement et la méthode a été automatisée.

carte de concentration de fumée

Les avantages et limites de la solution

Avantages :

La méthode employée permet de traiter n’importe quel endroit dans le monde (avec une précision spatiale meilleure en Europe) et à n’importe quelle date (jour et nuit). Dès qu’un incendie se déclare, les données sont accessibles rapidement (les données d’analyse CAMS sont mises à disposition un jour après leurs acquisitions) et la méthodologie est suffisamment automatisée pour pouvoir fournir des cartes d’impacts de fumée dans le(s) jour(s) qui suivent l’incendie (il suffit de la présence d’un opérateur qui lancera les codes).  La méthode peut s’appliquer à différents types de shapefile, selon que l’on souhaite connaitre la trajectoire de la fumée pour des applications agricoles ou de santé publique. Les molécules observables sont variées : monoxyde de carbone (CO), matières particulaires (PM10, PM2.5), …

Limites :

La précision est liée aux données CAMS en entrée.

Pour en savoir plus ...

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