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Évaluation des dégâts : impacts de l'ouragan IRMA à Saint-Martin et Saint-Barthelemy

Régulièrement mobilisées au plus fort des crises majeures pour fournir une cartographie rapide des dégâts, les images satellitaires s’avèrent également fort utiles pour suivre la reconstruction. Des observatoires ont ainsi été mis en place à Saint-Martin et Saint-Barthelemy, à la suite du passage de l’ouragan Irma.

Contexte

Début septembre 2017, l’ouragan Irma a frappé de plein fouet l'arc Antillais et a causé des dégâts catastrophiques à Saint-Barthélemy ainsi qu’à Saint-Martin. Quelques jours avant, la Charte Internationale avait été déclenchée par l’ONU, tout comme Copernicus Emergency Rapid Mapping Service par le COGIC (voir fiche accès aux images en cas de crise).

Le CNES avait en outre mis en place une programmation exceptionnelle sur Pléiades (tentative de prise de vue chaque jour, sous tous les angles possibles pendant 8 jours).

La méthode / en pratique

Dès son installation, le CNES s’est rapproché de la Délégation interministérielle pour la reconstruction en proposant un support en imagerie et services satellitaires. Plusieurs semaines ont été nécessaires pour activer le service Copernicus Emergency Risk & Recovery, seul à même d’assurer une observation des territoires sur plusieurs mois, une fois passé le pic de la crise.

Un suivi mensuel du bâti sur Saint-Martin et Saint-Barthélemy a finalement été réalisé de mars à septembre 2018, puis sur une base trimestrielle jusqu’en septembre 2019. Ce suivi a été complété par une géolocalisation des épaves et des décharges sauvages.

Différents capteurs très haute résolution ont été mobilisés à cet effet : Pléiades, mais également GeoEye-1, WorldView-2 et 3 de DigitalGlobe.

Les résultats

Plusieurs produits cartographiques standardisés ont été générés : occupation du sol initiale, niveau de dommage avec estimation de la population affectée et activités de reconstruction.

Les dommages sont évalués sur une échelle de 1 à 5 allant des dommages légers aux bâtiments totalement détruits (Document Copernicus Emergency)
Les dommages sont évalués sur une échelle de 1 à 5 allant des dommages légers aux bâtiments totalement détruits (Document Copernicus Emergency)

 

Les bases de données de référence de l’IGN (BD Alti, BD Ortho, BD Topo) ainsi qu’OpenStreetMap ont fourni des éléments de repérage (relief, contour du bâti par exemple). Des couches SIG ont été produites qui ont permis de publier des cartes générales en PDF au 1/25 000 avec des zooms au 1/10 000.

Analyse de l’effort de reconstruction (destructions, reconstructions en cours ou achevées…) (document Copernicus)
Analyse de l’effort de reconstruction (destructions, reconstructions en cours ou achevées…) (document Copernicus)

 

Les analyses ont ainsi été fournies à la délégation… qui n’a pas pu les utiliser pleinement par manque de compétences en géomatique. Seuls les chiffres globaux d’évolution de la reconstruction ont été utilisés. Du coup, le CNES a mobilisé le SERTIT qui avait déjà fourni des premières cartographies en urgence, pour continuer à récupérer les données produites par Copernicus, les analyser via un SIG et fournir mensuellement à la délégation des indicateurs géolocalisés détaillés.

Les données ont par ailleurs été fournies à la DEAL, là encore après quelques simplifications dans les procédures de récupération (transformation des couches ArcGIS afin qu’elles soient exploitables sous QGIS, passage en 8 bits afin de pouvoir les afficher).

Cela a rendu possible la réalisation, en interne par l'unité SIG de la DEAL Guadeloupe, d'une cartographie de localisation de la reconstruction des bâtis en zone inconstructible du Plan de Prévention des Risques. La photo-interprétation a permis de mener des analyses plus poussées que celles effectuées dans le cadre de Copernicus, notamment sur le suivi des dépôts de gravats et des décharges, la reconstruction des ports, le détail du bâti.

Évolution d’un dépôt de gravats (document CNES)
Évolution d’un dépôt de gravats (document CNES)

Les avantages

  • Les images à très haute résolution comme Pléiades sont de puissants outils pour suivre les étapes de reconstruction.
  • La simple photo-interprétation donne à voir beaucoup d’éléments, les algorithmes de traitement automatique de nouvelle génération comme le deep learning sont prometteurs.
  • D’autres types d’images comme Spot6/7 et Sentinel-2 sont porteuses d’informations complémentaires à Pléiades, et font aussi l’objet de travaux exploratoires avec la DEAL Guadeloupe, notamment sur l’occupation du sol annuelle.

Les limites

  • Les services déconcentrés, collectivités, établissements publics de coopération intercommunale et autres acteurs du territoire ont intérêt, avant la crise, à bien connaître les mécanismes d’activation de Copernicus Emergency pour en tirer profit le moment venu et être capables de se rapprocher du COGIC pour orienter les acquisitions afin de bien répondre à leurs besoins. Mais les productions proposées dans ce cadre répondent rarement à l’ensemble des problématiques à traiter pour les acteurs autres que la protection civile.
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Acteur :
Direction de l'Environnement, de l'Aménagement et du Logement de Guadeloupe